Je me réveille tout juste, ma
tête est encore lourde, mes yeux pas tout à fait
ouverts…je sais qu’il fait jour mais je redoute la
lumière. Je reste alors les yeux fermés, à me
demander ce que je vais faire, à me dire que tout ce
qu’il va m’arriver dans la journée sera le
résultat de ce que j’aurais voulu et non le fruit du
hasard…mais à quoi bon ? Le masque est
désormais tombé. Aujourd’hui je suis
obligé d’ouvrir les yeux pour affronter la
lumière et ça me fait mal. Je ne sais pas qui est cet
homme que je vois dans le miroir…Je ne peux pas croire
qu’il s’agit de moi. Comment est-ce possible
d’être comme je suis ? D’être qui je
suis ? Je me dégoutte réellement. Est-ce dont
ça ma vie ? Un long et tortueux mensonge ?
J’ai menti à des gens qui me faisait confiance, des
gens qui étaient toujours là pour moi, des gens que
j’aime. Jamais plus je ne pourrais affronter leurs regards
car je n’y vois plus qu’une immense déception.
Oui j’ai bel et bien déçu…j’ai
déçu les personnes les plus importantes de ma vie et
je ne sais plus ce que je dois faire, en réalité je
n’ai jamais su ce que je devais faire puisque j’ai
toujours dû agir comme si j’étais
quelqu’un d’autre. Et le pire dans tout cela
c’est que j’ignore pourquoi…Pourquoi suis-je
ainsi ? Pourquoi ai-je ce besoin de constamment vouloir me
cacher ? De m’inventer toutes ces vies ? Suis-je
réellement malade ? Je ne sais plus quoi
penser.J’étais allongé sur mon lit en train de
regarder une de mes vieilles vidéos souvenirs du
lycée quand c’est arrivé. Je ne l’avais
pas vu venir. J’entendais mes amis discutaient dans le salon
quand on a frappé à la porte. C’était
mon colocataire. Il voulait que je les rejoignent pour qu’on
discute de « quelque chose
d’important ». J’ai alors ouvert la porte de
ma chambre et ils étaient là. Droits comme des
piquets. Et le monde s’est écroulé. Mon
monde… Tous ces mots, toutes ces colères, tout
à jaillit très vite, à peine ai-je eu le temps
de comprendre ce qu’il m’arrivait. Des choses on
était dites, des choses qui m’ont blessées, des
choses que je n’oublierais jamais…Tous ces mots
tournent désormais sans cesse dans ma tête.
Qu’est-ce que je pouvais dire ? Qu’est-ce que je
pouvais répondre ? Ils avaient raison. Ils n’ont
fait que me montrer qui j’étais… Jamais je
n’ai eu mal comme hier, c’était devenu une
douleur physique tellement que je souffrais, je n’arrivais
même plus à respirer…puis quand je parvenais
enfin à me calmer je les entendais rires dans la
pièce d’à côté, et j’avais
alors encore plus mal. S’ils savaient à quel point je
regrette, à quel point je suis
désolé…je sais que j’ai perdu le droit
d’être leur ami. Je ne veux plus les faire souffrir.
Après cela je me suis dis qu’il fallait que je parte.
Je voulais fuir, ne plus jamais les revoir et faire ma vie
ailleurs. Mais j’y ai
réfléchi toute la nuit. Ce serait trop simple de fuir
et de ne pas affronter cette situation que j’ai
moi-même créée. La seule chose dont j’ai
envie aujourd’hui c’est de changer ! Je refuse de
m’apitoyer sur mon sort et de pleurer.
J’ai suffisamment pleuré cette année. Je veux
rebondir, profiter que tout soit à plat pour que je devienne
enfin moi. Je sais que mes amis ne pourront pas le croire, ils ne
me croiront certainement plus jamais, mais moi j’y
crois ! Oui, je crois en moi. Et s’il ne me reste ne
serait-ce qu’une minuscule chance pour ne pas les perdre
définitivement je veux la saisir
même s’il faut pour cela que j’affronte ce que
j’ai fait et que j’accepte qui je
suis…
*En
psychologie, la mythomanie est une tendance au
mensonge pouvant aller jusqu'à altérer durablement la
vie sociale. Il a été observé que le mythomane
ment souvent parce qu'il craint la réaction (de
dévalorisation, par exemple) qu'entraînerait l'aveu de
la réalité. Cette pathologie entraîne un
handicap social important dans les cas où le malade
procède à des altérations mineures et
crédibles de la réalité. L'aveu étant
souvent ou presque toujours accompagné de réactions
négatives de l'entourage, la mythomanie tend à s'auto
entretenir. Contrairement au menteur, le mythomane n'est pas
totalement conscient de son mensonge. Il ne distingue pas
clairement la réalité des événements
issus de son imagination. Le phénomène est cependant
normal dans la phase préadolescente : le jeune enfant
se raconte comme étant vraies des histoires imaginaires. Ces
mensonges ne sont pas intentionnels : l'enfant croit dans une
certaine mesure à ce qu'il raconte. C'est là une
étape normale et généralisée de
l'enfance. Quand cette tendance persiste après la fin de
l'adolescence, elle est considérée par notre
société comme un trouble du comportement, tandis que
d'autres sociétés l'acceptent. Elle est alors
qualifiée de mythomanie et peut, non traitée,
annoncer un désordre psychiatrique plus grave :
névrose ou même
psychose.